Bonjour le Vietnam

Tin tin tin… tala ta ta tin! Question pour un champion présenté paaaaaaaar… Agrovélocity Lepers. Et tout de suite une question de culture asiatique pour commencer ce 9 points gagnants

Fils de Nguyĕn Sinh Huy, brillant docteur en lettre, je suis admiratif du refus de mon père de travailler dans l’administration coloniale française comme il en est d’usage ou de force pour les hauts académiciens vietnamiens de l’époque. Nguyĕn Sinh Cung de mon nom de naissance, je m’improvise porte parole d’une manifestation paysanne réprimée par la pouvoir colonial dès 1908 à seulement 18 ans. Exclu de mon école, je pars pour le monde et l’Europe, passant à Marseille, Le Havre, Paris ou encore Londres en tant que cuisinier, déneigeur ou peintre… Je suis… je suis ? Une idée ?
 
Convaincu par les tracts anti-coloniaux de la gauche française, j’adhère à la SFIO en 1919, et me rapproche d’intellectuels vietnamiens exilés (avocats, ingénieurs, journalistes…) pour former les « cinq dragons » et faire le « procès de la colonisation française » notamment en écrivant dans l’Humanité. Bientôt, je pars en formation avec le PCF à Moscou et devient le spécialiste asiatique du Komintern… je suis ??? 
 
En 1930, je créer avec Mao le Parti Communiste Indochinois puis le Viet Minh pour lancer la Révolution d’Août qui me conduit à la proclamation de la République Démocratique du Vietnam en 1945. La victoire sur la France après Diên Biên Phú en 1954 met officiellement un terme à près d’un siècle de colonisation et fracture mon pays entre Nord et Sud. Affaibli pour le dernier combat de ma vie, celui de la réunification malgré l’invasion américaine, je choisis de retirer mes perfusions le 2 septembre 1969 pour me laisser aller le jour de la fête nationale… la propagande communiste en décidera autrement pour ne pas ternir ce jour historique, je suis donc à priori mort un 3 septembre sans avoir vu mon pays libéré.
 
JE SUUUIIIS… HÔ CHÍ MINH ! (= »Puit de lumière ») Oui oui oui oui Ouuuuui ! 
 
Et nous, nous sommes dans la ville qui porte honorifiquement son nom depuis 1975, l’ex Saïgon. Après la belle île de Phu Quoc où nous nous sommes baignés dans le plancton phosphorescent avant de prendre le plus long téléphérique du monde (8km) pour survoler les îles paradisiaques, nous avons entamé notre remontée du littoral viet avec une étape record de 170 kilomètres dans les rizières.
 
Capitale économique du 43ème Produit Intérieur Brut (PIB) mondial avec ses 7% de croissance annuelle, HCM-ville est en plein développement, à la croisée des chemins entre Phnom Penh et Bangkok, avec ses tours, ses bidonvilles, son indécente Bui Vien Street (Pub street) et ses 13 millions d’habitants pour autant de scooters. Très impressionnante de par sa densité, la circulation vietnamienne possède d’ailleurs ses propres codes : calculer une trajectoire, slalomer en klaxonnant pour la faire comprendre, et croire que tout ira bien. On finit même par s’en amuser…
 
Finalement, ce n’est donc pas le trafic qui contraint notre ambition d’investigation sur l’agriculture urbaine, mais plutôt la mousson et la « censure maps ». Les poumons encrassés par la pollution, nous roulons chaque jour des dizaines de kilomètres dans la ville sans pouvoir trouver les fermes aux adresses indiquées, leurs localisations sur Google Maps et même “Maps.me”, notre meilleur allié jusque là, se révélant largement inexactes. Étrange, car jusqu’ici et même dans la jungle cambodgienne, Big Brother ne nous avait jamais délaissé… Peut-être est-ce la conséquence du durcissement du régime communiste de Nguyěn Phú Trong qui tend vers un strict contrôle de l’Internet comme en Chine. De plus, dès 14h, le ciel nous tombe sur la tête. Par Toutatis, d’impressionnantes trombes d’eau noient les routes en un clin d’œil et nous immobilisent pour quelques heures. Quelle frustration quand on sait qu’Hô Chi Minh Ville a créé il y a déjà 10 ans une zone de haute technologie agricole pour répondre au grignotage urbain de 1000 hectares annuels de terres cultivables. Quelle frustration de ne parvenir à rencontrer qu’une infime partie des 1.3 millions d’agriculteurs de la ville dont beaucoup innovent dans les biotechnologies, la culture hors sol et la production de semences. 
Mais comme l’a si bien dit un autre Nguyěn du coin, « Il n’y a pas de situations désespérées, il n’y a que des hommes qui désespèrent des situations ». Alors, à tout relativiser comme les viets, notre ciel a finit par s’illuminer de nouveau en quelques heures. Nous avons visité la ferme hydroponique du leader national de la production de melon, le Workshop Garden Gagaco d’Alex qui aménage des potagers sur-mesure pour les balcons des riverains et noué un nouveau partenariat avec GreeOx, une société innovant dans l’agriculture urbaine haute technologie que nous retrouverons probablement à Singapour. Oui, l’itinéraire évolue un peu…
Demain, nous reprenons la route direction Nha Trang, Da Nang et Huê avec une équipe toujours plus mature et responsable, notre Hugo vient de souffler ses 23 lampions aujourd’hui…
 
Ci contre, en exclusivité mondiale, la dernière vidéo des français en Indochine, sans oublier nos quelques photos en pièces jointes.
 
 
Bon baisers trempés par la mousson,

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