Le nord du Cambodge

Capitale du puissant Empire khmer entre le VIIème et le XVème siècle, composé de plus de 50 temples et autant d’aménagements hydrauliques démesurés sur 80km de distance, aujourd’hui site archéologique exceptionnel classé au patrimoine mondiale de l’UNESCO, Angkor est un lieu à part, véritablement fascinant, que nous avons eu le privilège d’explorer mardi dernier.

 

4h30, nous partons à vélo pour le levé de soleil sur Angkor Wat par l’avenue… Charles de Gaulle ! Le Cambodge ayant été sous protectorat français de 1863 à 1953, il y a parfois un petit air de chez nous. 6h, enfin, le plus grand édifice religieux du monde en terme de surface se dessine dans l’ombre. Un moment magique, que ni les nuées de touristes étrangement matinales ni le singe qui tenta de nous subtiliser nos tartines ne purent gâcher. Les premières lueurs de notre chère astre illuminent le grès noirâtre de ce temple qui se réveille dans l’épaisse et mystérieuse jungle tropicale. Un décor Mowgliesque.

 

 

 

 

Au cours d’un parcours de 60km à vélo, nous explorons une petite dizaine de temples que le temps n’a pas ménagé, de nombreuses colonnes vacillent et ne sont plus retenues que par les racines de l’arbre poussant en son sein. L’apogée intervient après 632 marches, au sommet d’une colline, lorsque deux temples isolés, presque oubliés, s’offrent à nous. Somptueux. Unique.

Ainsi cette escapade angkorienne a véritablement lancé notre mois cambodgien, jusqu’ici contrasté. C’est d’abord l’étape du passage de la frontière Khmer qui fût périlleuse, entre un refus de visa qui nous oblige à un détour de 60km au sud, un orage surnaturel qui fit de la route un torrent en quelques minutes et enfin une éclaircie inattendue : un magnifique soleil d’Hugo sur une piste de sable rouge. Un petit détour par l’hôpital pour constater que notre camarade stakhanoviste survivra à ses plaies, et nous voici à Battambang pour du repos. Cette ville se révèle très vite sans intérêt, morose et déprimante lorsque vient l’orage quotidien.

Globalement, la misère y est ici bien plus présente qu’en Thaïlande et quelques chiffres permettent d’en prendre conscience :

– les enfants travaillent parfois très jeunes aux champs (seuls 34% des plus de 11 ans sont scolarisés, seulement 21% après 13 ans),

– l’indice de développement humain (IDH) – qui compile le PIB/habitant, le taux d’alphabétisation et l’espérance de vie – est très faible : 138/186 pays recensé dans le monde.

– Enfin, les conséquences des horribles massacres de Pol Pot et des Khmers rouges se font encore sentir (entre 30 et 40% de la population (!!!) a été décimé entre 1975 et 1979).

Dans ce contexte, se faire comprendre en milieu rural revêt de l’exploit. Les majorités des khmers ne parle pas anglais, ne semble pas comprendre la traduction Google, et reste pétrifier devant notre langage des signes.

C’est donc avec une certaine détermination que nous avons avalé en trois jours les 330 kms qui séparent Siem Reap (la ville qui borde Angkor) de Phnom Penh, la capitale. Demain, nous repartons sur les traces de l’agriculture urbaine, à moins que la Nouvel an Khmer (du 14 au 16 avril) ne contraigne nos ambitions… Vive l’année du cochon !

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